5 oct. 2026 · @Phil
Le dirigeant toulousain d’Annexx a été désigné président de la FEDESSA, l’organisation qui fédère les acteurs européens du self-stockage. Élu pour deux ans, il entend structurer davantage un secteur devenu incontournable dans les villes du continent.
C’est un Français qui pilotera, pour les deux années à venir, la Fédération Européenne des Associations de Self-Stockage. Philippe Peyrot a été porté à la présidence de la FEDESSA le 23 septembre, lors de la conférence annuelle de l’organisation, à Wiesbaden, en Allemagne. Une nomination qui intervient alors que le marché européen du garde-meubles en libre-service a franchi un cap symbolique : il compte aujourd’hui plus de 11 000 sites répartis sur le continent.
Créée en 2004, la FEDESSA réunit la totalité des associations nationales du secteur en Europe. Elle produit des études de marché de référence, propose des programmes de formation et favorise les échanges entre professionnels de différents pays.
Le nouveau président n’est pas un inconnu dans la profession. Philippe Peyrot a fondé Annexx en 2002 à Toulouse et dirige toujours l’entreprise, devenue l’une des références françaises du stockage en libre-service. Le groupe exploite 28 centres en propre et figure dans le classement des 100 plus grands opérateurs du secteur à l’échelle mondiale.
Annexx a également développé une activité de réseau à travers sa filiale Annexx Business Service. Celle-ci s’appuie sur 650 centres partenaires pour répondre aux besoins des particuliers comme des grands comptes, en métropole, en Corse et dans les territoires d’outre-mer.
Titulaire d’un MBA obtenu à l’Université du Connecticut, Philippe Peyrot est par ailleurs engagé au sein de la Chambre Interprofessionnelle du Self-Stockage (CISS), l’organisation professionnelle française. Il arrive donc à la tête de la fédération européenne fort de deux décennies d’expérience opérationnelle.
Pour le dirigeant, le self-stockage a changé de statut. Longtemps perçu comme un simple dépannage, il s’impose désormais comme un équipement structurant des villes. Selon lui, la tension sur le marché du logement et le prix élevé de chaque mètre carré en zone urbaine poussent de plus en plus de ménages vers ces solutions. Déménagement, séparation, succession ou arrivée d’un enfant : autant d’étapes de vie qui obligent à libérer de la place chez soi.
Les professionnels y trouvent aussi leur compte. Artisans, commerçants ou PME peuvent disposer rapidement d’un espace supplémentaire sans s’engager dans un bail commercial de longue durée. Philippe Peyrot souligne enfin le rôle croissant de ces centres dans la logistique du dernier kilomètre, un enjeu majeur pour les métropoles. Faire reconnaître cette utilité auprès des pouvoirs publics figure parmi ses objectifs affichés.
À la tête du conseil d’administration, le nouveau président a défini une feuille de route articulée autour de trois axes.
Le premier concerne la qualité de l’information économique. La FEDESSA veut rendre ses études de marché plus précises et mieux diffusées, afin que les exploitants, les établissements bancaires et les investisseurs disposent de données fiables pour prendre leurs décisions.
Le deuxième porte sur la représentation politique. La fédération entend parler d’une seule voix auprès des institutions de l’Union européenne pour défendre les intérêts du métier, tout en épaulant les représentants nationaux dans leurs propres démarches.
Le troisième axe vise les associations membres. Philippe Peyrot souhaite que les ressources de la FEDESSA leur soient davantage consacrées, pour faciliter le partage des bonnes pratiques d’exploitation d’un pays à l’autre. Les marchés émergents pourront ainsi s’inspirer plus rapidement des solutions éprouvées ailleurs en Europe.
Le nouveau président inscrit son action dans la continuité des travaux lancés l’an dernier, avec la volonté d’obtenir des résultats tangibles à court terme. Il estime qu’avec plus de 11 500 établissements recensés en Europe, l’industrie a atteint un stade de maturité qui appelle une organisation plus réactive.
Ses ambitions pour le mandat tiennent en quelques mots : une fédération plus agile, des études plus solides et un soutien concret au développement de chaque association nationale. Reste à transformer ces orientations en résultats mesurables d’ici la fin de son mandat.